Uhuru Kenyatta investi président

Echauffourées à Nairobi avant l'investiture d'Uhuru Kenyatta

Echauffourées à Nairobi avant l'investiture d'Uhuru Kenyatta

Le président du Kenya Uhuru Kenyatta a été investi, mardi 28 novembre à midi, pour un second et, selon la Constitution, dernier mandat à la tête de son pays divisé, comme en témoigne la dispersion au même moment par la police d'opposants qui voulaient organiser leur propre rassemblement.

Réélu à la présidentielle d'octobre boycottée par l'opposition, M. Kenyatta a promis sous les vivats de 60.000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de Nairobi de "construire des ponts, unifier et apporter la prospérité à tous les Kényans".

Cette prestation de serment signale certes la fin d'une saga électorale marquée notamment par l'invalidation en justice du scrutin du 8 août, mais le pays sort meurtri de cet exercice démocratique, qui lui a rappelé ses profondes fractures ethniques, géographiques et sociales. Depuis plusieurs semaines, il a promis de poursuivre une campagne de "désobéissance civile" suivie de manière inégale par ses partisans. La manifestation, une fois de plus, a été dispersée par les tirs de la police.

Le chaos a également été au rendez-vous autour du stade de Kasarani, où la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des partisans du président qui tentaient de pénétrer dans le stade déjà rempli.

Prenant exemple sur le Zimbabwe, Odinga se présente comme le nouveau président légitime du Kenya et pour ses supporters, réunis à nouveau dans le sud de Nairobi ce mardi, pas question de reconnaître Uhuru Kenyatta comme chef de l'Etat. "Pourquoi sommes-nous frappés comme des partisans de NASA (la coalition d'opposition, ndlr)", a déclaré l'une d'entre eux, Janet Wambua.

Le jugement est salué comme une opportunité pour les hommes politiques kényans de renforcer la démocratie, mais ces derniers n'auront redoublé d'efforts que dans leurs violentes invectives.

Cette promesse risque toutefois de sonner bien creux aux oreilles de l'opposition, qui répète à l'envi qu'elle ne reconnaît pas la réélection de M. Kenyatta et dénonce la répression brutale de ses manifestations.

Pour certains observateurs, cette crise est également le signe d'un fossé croissant entre les élites politiciennes et le peuple, dont une majorité silencieuse se plaint des effets de la discorde sur l'économie kényane et aspire à ce que le pays tourne la page.

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