Explosion d'AZF : l'ex-directeur et la société exploitante du site condamnés

Explosion d'AZF: la justice rend sa décision aujourd'hui

Explosion d'AZF: la justice rend sa décision aujourd'hui

Comme en 2012, ils ont ainsi infirmé la relaxe prononcée en première instance, lors du premier procès jugé à Toulouse en 2009. L'avocat général réclame 3 ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende pour M. Biechlin, et 225.000 euros d'amende pour Grande Paroisse. Des milliers de personnes sont blessées à plusieurs kilomètres à la ronde, les dégâts matériels sont considérables. La société Grande Paroisse écope de l'amende maximale de 225.000 euros mais sa maison mère Total n'est pas condamnée. La cour condamne Serge Biechelin, l'ancien directeur du site, à 15 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. La justice considère que Serge Biechlin et Grande Paroisse sont coupables de "négligences " et de "fautes caractérisées ". La citation contre Total a en effet été jugée irrecevable.

Le traumatisme est intact pour les anciens travailleurs d'AZF, qui n'ont pas oublié le "sentiment d'apocalypse". En revanche la responsabilité du groupe Total a été écartée. Mais cette condamnation avait été annulée par la Cour de cassation pour défaut d'impartialité d'un magistrat, engagé dans une association d'aide aux victimes. Dans les couloirs, Pauline Miranda a laissé éclater sa joie: "C'est un sentiment de victoire".

Ce troisième procès n'a pas apporté de révélations. Les victimes - 2700 se sont constituées parties civiles - ont obtenu de la justice la validation du scénario d'une explosion due au déversement accidentel d'un produit chloré sur un tas de nitrate d'ammonium, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine classée Seveso 2. Il y a une explosion qui a commencé dans le bâtiment 221", où était stocké du nitrate d'ammonium, a assuré l'un des avocats généraux, alors que la défense a émis des doutes sur cette piste dite " accidentelle", avançant d'autres hypothèses: "un acte terroriste, ou une explosion due à de très vieux résidus de poudre dans le sol.

Épilogue de 16 ans de bataille judiciaire qui ont laissé des plaies à vif, la Cour d'appel de Paris a tranché en début d'après-midi, ce mardi, sur le drame de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse ayant fait 31 morts et 8000 blessés.

La présidente de la cour d'appel a pourtant pris soin de "dire quelques mots" de sa décision, "au regard de la gravité de l'événement", expliquant par exemple que la "double" détonation entendue par de nombreux témoins s'expliquait par l'onde sismique due à l'explosion, "qui se propage plus vite que la vitesse de la lumière".

Ce jugement intervient à l'issue du 3e procès de la plus importante catastrophe industrielle de l'après-guerre en France.

Recommended News

We are pleased to provide this opportunity to share information, experiences and observations about what's in the news.
Some of the comments may be reprinted elsewhere in the site or in the newspaper.
Thank you for taking the time to offer your thoughts.