Macron appelle au respect des droits des Kurdes — Irak

Un opposant à Barzani unique candidat à la présidentielle du Kurdistan

Un opposant à Barzani unique candidat à la présidentielle du Kurdistan

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a martelé jeudi qu'il ne voulait pas de "confrontation armée" avec la région autonome du Kurdistan, qui a voté pour l'indépendance, et a appelé les peshmergas (combattants kurdes) à continuer à combattre au côté des forces irakiennes. Après les tensions diplomatiques concernant le but de sa visite dans la capitale, Paris a clarifié sa position. Jeudi, après un entretien avec le Premier ministre irakien à l'Elysée, le président de la République a en effet affirmé que la France resterait militairement présente en Irak jusqu'à la défaite complète de l'Etat islamique, et tant que Bagdad le jugera nécessaire.

"La diplomatie française ne s'avance pas davantage sur la question et se range du côté de la communauté internationale", commente Myriam Benraad, professeur assistante en Sciences Politiques à l'Université de Leyde, et "a priori derrière la politique qui sera celle des États-Unis, qui pour le moment suivent une politique de rejet de cette indépendance organisée de manière unilatérale ".

Le référendum sur l'indépendance du Kurdistan autonome irakien, approuvé le 25 septembre à une écrasante majorité, a entraîné une grave crise entre Bagdad et la région kurde, soumise depuis à un isolement économique de la part de l'Etat central mais aussi des voisins turc et iranien, opposés à toute velléité d'indépendance kurde. Le chef de l'État appelle au respect des droits des Kurdes, qui doivent être "reconnus dans le cadre de la Constitution" irakienne. Les États-Unis avaient décidé de ne pas reconnaître ce référendum "unilatéral".

Cette crise intervient alors que l'Irak est en passe de reprendre le contrôle de tous les fiefs de l'EI, un combat dans lequel les peshmergas kurdes sont souvent en première ligne. " Nous ne voulons pas de confrontation armée, nous ne voulons pas d'affrontements, mais l'autorité fédérale doit prévaloir ", a déclaré à l'issue de la rencontre Haïder al Abadi, qui considère le séparatisme kurde comme " inacceptable ".

De son côté, le président français a réitéré auprès de M. Abadi "l'engagement plein et entier" de la France dans la coalition antijihadiste.

Emmanuel Macron s'est félicité "que pour l'heure, le calme et la retenue aient prévalu": mais des tensions plus vives, à l'avenir, ne sont pas à exclure, estime Myriam Benraad. "Derrière ce bras de fer entre Erbil et Bagdad, on a d'autres acteurs".

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