Catalogne: le référendum qui fait polémique !

Catalogne plus de la moitié des bureaux de vote mis sous scellés

Catalogne plus de la moitié des bureaux de vote mis sous scellés

Le gouvernement régional de la Catalogne veut à tout prix organiser dimanche prochain un référendum sur l'indépendance de cette région du nord-est de l'Espagne, en dépit de son interdiction par la Cour Constitutionnelle. En revanche, plus de 70% des Catalans tiennent à ce que le débat soit tranché par le biais d'un référendum légal, selon des sondages. Depuis les législatives de 2016, il gouverne en minorité avec le soutien du parti libéral Ciudadanos, né en Catalogne pour lutter contre l'indépendantisme.

La Cour d'appel de Catalogne, emboîtant le pas au parquet, a ordonné mercredi à la police régionale, à la police nationale et à la Garde civile de faire fermer les bureaux de vote qui seraient utilisés pour ce référendum, interdit par la Cour constitutionnelle.

Les trois députés interviewés par La Presse canadienne estiment que l'humeur des Catalans est au beau fixe à deux jours du vote, malgré toutes les tentatives de Madrid d'empêcher la tenue du référendum, et de brimer la population de son droit de vote. Considéré comme illégal, ce référendum n'a jamais été reconnu par Madrid et a été déclaré nul par le Tribunal Constitutionnel. "La Garde civile a saisi 2,5 millions de bulletins de vote, quatre millions d'enveloppes et 100 urnes dans un entrepôt à Igualada", a dit une source policière, précisant que l'entreprise avait assuré que ces urnes étaient destinées au FC Barcelone. "Nous craignons que cette consigne et la rhétorique qui va avec n'attisent les tensions et les troubles", ont déclaré David Kaye, rapporteur spécial pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, et Alfred de Zayas, expert indépendant pour la promotion d'un ordre international démocratique et juste.

L'organisation de ce référendum est désormais à l'origine d'une crise majeure en Espagne. Le jeu du chat et de la souris auquel se livrent avec toutes leurs forces, leurs armes et leur ruse le gouvernement indépendantiste de la Catalogne et les autorités politiques et judiciaires espagnoles est en passe de se résoudre ce dimanche.

Le 20 septembre 2017, 14 personnes (essentiellement des hauts responsables du gouvernement catalan) ont été arrêtées et plus d'une vingtaine de perquisitions ont été effectuées. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues.

Face à la démonstration de force d'un Etat qui déploie des milliers de policiers hébergés dans des ferrys à quai à Barcelone, les séparatistes ont recours à la dérision.

Carles Puigdemont, président de la région et chef de file des indépendantistes, s'est exprimé quant à lui le jeudi 21 septembre. Quant à la commission électorale, à qui la loi sur le référendum confie la supervision et le contrôle du scrutin, elle a vu l'ensemble de ses membres démissionner, eux aussi menacés de lourdes amendes.

Certains bureaux de vote seront installés dans des lieux inhabituels comme des centres de santé, voire sous des tentes dressées sur les places publiques. Il est indéniable, et ce quelque soit l'issue du vote dimanche, que cet épisode va laisser des traces dans les relations entre Madrid et Barcelone.

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