Une contre-expertise confirme la thèse de l'asphyxie dans l'affaire Adama Traoré

Rassemblement en hommage à Adama Traoré le 22 novembre 2016 à Beaumont-sur Oise en région parisienne

Rassemblement en hommage à Adama Traoré le 22 novembre 2016 à Beaumont-sur Oise en région parisienne

L'examen de prélèvements réalisés sur le cœur d'Adama Traoré mettait "en évidence un ensemble de lésions compatibles avec une cardio-myopathie hypertrophique qui est potentiellement la cause directe de la mort", affirmait-il à l'époque. Les résultats de la contre-expertise demandée par la famille d'Adama Traoré, 24 ans, décédé lors d'une interpellation par les gendarmes, le 19 juillet, à Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) contredisent les affirmations assénées par le magistrat lors de la mort du jeune homme. Yves Jannier, le procureur de Pontoise à l'époque des faits, avait penché sans la moindre réserve pour la deuxième possibilité.

La première autopsie avait conclu à une "absence de cause immédiate au décès", mais identifié un "syndrome asphyxique" et des "lésions d'allure infectieuse".

"Cette contre-expertise médicale réalisée par un collège d'experts est très importante car elle écarte de façon définitive la thèse de l'ancien procureur de Pontoise", a déclaré au Parisien l'avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou.

Une nouvelle expertise demandée par la famille d'Adama Traoré confirme que la mort du jeune homme est due à un "état asphyxique aigu", dont la cause reste à établir, selon le rapport révélé par Le Parisien daté du mercredi 5 juillet et confirmé à franceinfo par l'avocat de la famille.

Dans le document original, la dernière proposition était ainsi complétée: "lié à la décompensation - à l'occasion d'un épisode d'effort et de stress - d'un état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie et une granulomatose systémique de type sarcoïdos".

Une autre interrogation porte sur les secours prodigués à Adama Traoré. Selon l'un des gendarmes auditionnés, il aurait alors dit "j'ai du mal à respirer". Elle peut avoir été déclenchée à la suite d'une lésion cardiaque, par une compression thoracique lors de l'intervention des gendarmes, ou par les deux facteurs cumulés.

La famille de Traoré pourrait saisir le Conseil de la Magistrature "afin que Yves Jannier soit sanctionné pour ses déclarations contraires à la vérité". Les gendarmes impliquaient pourraient bientôt être entendus par le Tribunal de Grande Instance de Paris, désormais dépositaire du dossier.

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